Un 3ème pour la route ?

sans-titreL’envie du 1er enfant est souvent viscérale. On veut un enfant à nous. Un bébé à chérir, à pouponner, à écouter hurler pendant des heures. Et cet enfant, un jour, on l’a. On découvre la vraie vie de parents. Et on se dit que non non, on ne nous y prendra plus. Maintenant qu’on fait partie de la secte de celles qui savent, c’est bon, on a donné ! Et puis… bébé grandit. Il se transforme peu à peu, devient petit(e) garçon / fille, et on se dit que ce serait chouette qu’il ait un compagnon de jeu. Et notre cœur de maman (complètement amnésique) fond devant les petites bouilles toutes rondes des bébés de notre entourage (ou pire internet : un bébé est TOUJOURS mignon en photo, on oublie le avant et après shooting !) Alors c’est reparti pour un tour. C’est vrai quoi, un seul enfant, c’est pas une vraie famille !  On a à nouveaux des nausées / mal de dos / de l’acné à faire pâlir d’envie tout ado bien boutonneux. On guette à nouveaux l’apparition de vergetures en se tartinant à l’envie. On se retransforme à nouveau en baleine redoutant d’accoucher d’un baleineau. Et tout ça en gérant comme on peut n°1. Alors le soir, après une contraction bien violente en portant le gremlins qui hurlait dans la rue, on se regarde les yeux dans les yeux avec monsieur et on se demande « mais qu’est-ce qui nous a pris ?! On est des fous ! Et pire, on en est conscients ! » (parce que bon, pour le 1er on est des fous aussi, mais on a l’excuse de l’inconscience)

On n’a pas fini de remâcher notre (dé)veine que n°2 débarque. Et c’est reparti pour un tour. Avec 2, les montagnes russes sont un peu plus hautes, le train un peu plus rapide. Mais bon, on flippe moins, on l’a déjà fait. Et puis… voir n°1 se transformer en grand(e) frère / sœur, c’est magique. Voir la complicité qui naît entre les deux, ça vaut bien quelques mois de nuits blanches. On est bien quoi. Et on jure que non non non, on ne nous y prendra plus (again !) 2 c’est bien.

Et puis, sans que je m’y attende, il y a cette petite voix qui est revenue. 2 c’est bien. Mais 3 , c’est mieux :

  • t’en connais beaucoup des jeux de société sympas qui se jouent à 2 ? Des jeux tout court d’ailleurs
  • quand il y en a un qui est invité chez un copain, avec qui joue le 2ème ?
  • toujours bien d’avoir un 3ème pour départager en cas d’engueulade. Le rapport de force sera toujours d’un côté ou de l’autre, les conflits moins longs
  • plus on est de fous plus on rit (et on a déjà démontré qu’on était fous !)
  • et un tout petit bébé c’est tellement mignon !!!!!!!! (amnésique je te dis !)
  • j’ai beau essayé de me raisonner, de penser de façon rationnelle… rien n’y fait. J’ai l’impression que ma famille n’est pas complète.

Alors voilà, je me retrouve à rêver encore bébé. Pourtant je sais que je n’aime pas être enceinte, qu’Ernestine est encore toute petite et Alphonse pas si grand. Je sais que je n’aime pas materner. Et, surtout, je sais que monsieur Papa n’est pas encore (tout à fait) prêt. Mais ce que je sais aussi c’est que je suis incapable de me dire « je n’aurais plus d’enfant » et que le temps passe tellement vite que si je veux en profiter, c’est maintenant.

 

Serait-il propre ?

imageA bientôt 3 ans et demi, Alphonse n’est toujours pas propre. Et je t’avoue que je désespérais un peu. Le sera-t-il avant septembre ? Il ne manifeste toujours pas le moindre intérêt pour les toilettes… Et ce week-end, il s’est passé un truc de dingue : on a supprimé les couches ! Alors, petit retour sur notre expérience et notre cheminement.

A 18 mois

Alphonse va avoir une petite sœur pour ses 2 ans (ou un petit frère, on ne sait pas encore). Tout le monde trouve ça chouette sauf lui. Lui, il s’en fout. Ou, plus exactement, il ne comprend pas vraiment ce qu’il se passe. Mon ventre qui grossit ne l’intéresse pas. L’évocation d’un bébé le laisse de marbre. En prévision, j’achète un pot. Après tout, certains enfants sont propres à cet âge. D’autant plus qu’il marchait depuis plusieurs mois et n’avait pas de problème pour descendre les escaliers. Il s’y assoit sans rechigner. On lui donne des livres pour l’inciter à rester (1ère erreur !). Efficacité nulle. L’été touche à sa fin, d’autres évènements viennent nous perturber. On remise le pot. On le ressortira plus tard…

A 2 ans et quelques

Ernestine est là. Elle prend beaucoup de place et, surtout, elle a des couches. Mais Alphonse souffre toujours de constipation. Il a les fesses à vif. Il hurle et se débat à chaque change. On en mal au cœur. Parmi tout les conseils que nous recevons, il y a : laissez-lui les fesses à l’air pour favoriser la cicatrisation. Il fait encore un peu frisquet mais on tente. De toute façon, ça ne peut pas empirer. Et tant qu’à faire, on ressort le pot (2ème erreur) Mais il a mal. Beaucoup. Il associe le caca à la douleur. Et c’est un refus catégorique que nous essuyons. Qui a laissé des traces, même encore maintenant.

A 2 ans et demi

L’été revient. J’allaite toujours Ernestine. Même si ça va mieux, Alphonse a du mal à trouver sa place de grand frère ET de petit garçon. Il refuse toujours le pot avec véhémence : quand je le sors, il le prend, le range, et va chercher une couche pour me la donner. Il ne parle pas, mais le message est clair. J’achète un réducteur de toilettes et un marche-pied. Peut-être que ça sera plus facile ? Non, le refus est le même.

A 3 ans

Il fait 17 kg (oui, c’est un géant !). Le changer devient de plus en plus pénible. Sans compter que niveau taille, ça commence à coincer sur la table à langer. C’est fini ! On prend des couches culottes, et on le change debout. La table à langer, c’est pour les bébés. On essaye de lui retirer la couche en lui disant de nous dire quand il veut faire pipi (3ème erreur) C’est une catastrophe. On remet la couche illico.

Récemment (3 ans et 4 mois)

On s’arrête sur une aire d’autoroute. Et là, un tout petit toilette. On propose à Alphonse de faire un petit pipi. Une chose incroyable se produit : il s’exécute ! On comprend qu’il peut faire pipi à la demande. Depuis, tous les matins et tous les soirs, passage sur les toilettes. On lui répète que, dans la journée, il faut qu’il demande. Que la couche ne doit pas se mouiller (4ème erreur) Autant ne rien dire, on économiserait de la salive !

3 ans et 5 mois

Cette fois, c’est le grand saut. Je lui explique tout au long de la semaine qu’à partir du week-end prochain, les couches c’est fini. Qu’il est grand maintenant. Je lui achète de jolis petits slips (tout plein). J’aurai aimé qu’il choisisse avec moi, mais on a fait comme on a pu. Et arrivé samedi matin, après le pipi habituel, hop, un slip. Alphonse est très fier. Beaucoup moins après la 1ère fuite. Il demande la couche. C’est bon signe. Ca veut dire qu’il comprend que le slip a ses contraintes. On refuse, et on lui dit qu’on sait que c’est difficile. Qu’on est là pour l’aider. On dessine ensemble son baromètre. Tous les soirs on le complètera en fonction du nombre d’accidents.

index

On passe le week-end les yeux rivés sur la montre. Toutes les heures et 15 minutes après les repas, on l’emmène aux toilettes. Des accidents ? Bien sûr, il y en a ! Mais à la fin du week-end, il demandait à faire pipi. Maintenant, je croise les doigts pour que crèche et nounou jouent le jeu ! Et que d’ici 2 semaines, la propreté soit acquise. Enfin… celle du jour ! Parce qu’après le bain, on remet la couche. Nous avons de la chance, il fait caca à heure fixe et c’est  le soir. Mais une bataille après l’autre. On va déjà essayer de gagner celle du pipi et du jour !

Le 4 juin

juin

Le 4 juin est un non-anniversaire important pour moi. C’est ce jour que j’ai appris l’une des meilleures et l’une des pires nouvelles. Un combo explosif.

Ca faisait déjà quelque mois qu’on rêvait BB2. 4 mois pour être exacte. On l’appelait Ernestine avant même qu’elle n’existe. Et comme tant de femmes, à l’approche du fin de cycle, je me remplissais la tête de « et si… ? » Un soir, en allant chercher Alphonse chez sa nounou, je lève la tête et je découvre le nom de cette petite rue que je n’avais encore jamais remarquée : la rue des petites sœurs (ou quelque chose comme ça). Et là, je ne sais pas pourquoi, ça a fait tilt. C’est débile, non ? Complètement irrationnel, je sais. Bref, je récupère Alphonse, et petit détour par la pharmacie. J’essaye de me raisonner (attends demain, tu n’as même pas de retard encore ! Ne t’emballe pas, tu vas être déçue) et je pose sagement mon test dans les toilettes pour le lendemain matin. Comme tu t’en doutes, ce 4 juin j’ai découvert 2 petits traits sur ce test, j’ai compris qu’un haricot s’était niché dans mon ventre. Alphonse allait être grand frère, Ernestine prenait vie. Joie ! Euphorie ! J’ai été au travail l’esprit léger, fière de mon secret que j’espérais garder le plus longtemps possible.

Ma joie aura duré 3h. 4 peut-être ? C’est un peu flou. Vers midi, un coup de téléphone. Ma sœur qui m’appelle en pleine journée alors qu’on travaille toutes les deux, c’est louche. On a reçu des résultats de je ne sais quels examens. Et c’est mauvais. Mon père, celui que j’imaginais comme un roc, celui que j’appelais dès que j’avais besoin d’un conseil, était condamné. Le cancer.

La vie est une drôle de farceuse. En une matinée, j’aurai appris une naissance à venir et une mort imminente. Et ça a beau faire 2 ans maintenant, chaque 4 juin a un goût doux-amer.

Est-il normal ?

sans-titreLes 2 premières années de vie d’Alphonse, j’étais sereine. D’une part parce que c’est ma nature et d’autre part parce qu’il avait une évolution classique : position assise à 8 mois, marche à 13 mois… J’aimais bien regarder les sites internet décrivant les évolutions de l’enfant. Je m’y retrouvais. Alphonse était dans le moule. Il jouait, grandissait, découvrait.

Entre 2 et 3 ans, certains membres de la famille me disait régulièrement qu’Alphonse parlait trop peu pour son âge. Je répondais invariablement que chaque enfant se développe à son rythme. Qu’il fallait lui laisser du temps. Et puis un jour, grosse prise de conscience. Une belle claque : « ton fils ne parle pas, il est en retard » J’ai arrêté de faire l’autruche. A presque 3 ans, un enfant qui ne dit que « papa », « maman » et « eau », qui ne répète aucun son, c’est un enfant qui a un retard de langage. On peut chercher toutes les causes possibles, le fait est là.

Evidemment, le spectre de l’autisme a immédiatement fait son apparition. C’était ma hantise – et ça l’est encore, dans une moindre mesure. Et j’ai commencé à me poser cette question : est-il normal ?

J’ai consulté un orthophoniste pour faire un bilan. Quand j’ai pris rendez-vous, j’ai expliqué à Alphonse que maman était inquiète. Qu’on allait voir une dame pour l’aider. Que ne l’avais-je pas fait avant ! Ce fut le déclic. En 1 semaine mon petit Alphonse maitrisait les chiffres et les couleurs. Et l’orthophoniste, si elle a bien diagnostiqué un retard de langage a écarté tout problème majeur.

Suite à cet épisode, j’ai réussi à dégoter un temps partiel en crèche (joie !) : 2 jours par semaines. Ca va faire 5 mois. 5 mois de progrès impressionnants. Il est toujours en retard, mais moins. Il fait des phrases, communique, voit des enfants de son âge. Sauf que…

Sauf qu’il n’est pas comme les autres. Je le sens. Je le vois. La directrice de la crèche me le dit. Il est gentil, attachant… mais il ne sait pas communiquer avec les autres enfants de son âge. Avec les adultes, pas de problème. Mais avec ses camarades, il est beaucoup dans le retrait. Il ne sait pas jouer avec les autres. Il répète encore tout ce qu’on lui dit. La crèche me conseille de consulter un psychologue.

Et ce maudit spectre revient. Et cette terrible question me hante : mon fils a-t-il un problème ? Alors oui, il n’est pas comme les autres. Un peu différent. Mais chaque enfant – pris dans son individualité – est un peu différent des autres, non ? Au fond, qu’est-ce la normalité ? La seule chose que j’espère, c’est qu’il réussira à s’intégrer dans une classe. Parce que septembre approche et que je ne veux pas qu’il se sente rejeté.

L’éducation genrée

Poupée vs voiture

Le féminisme me touche, comment beaucoup. Je souhaite un monde plus juste pour ma fille, un monde dans lequel elle n’aurait pas peur de rentrer tard chez elle le soir. Un monde dans lequel elle aurait sa chance au même titre que n’importe quel mâle lors d’un entretien d’embauche. Un monde où le diktat de la silhouette barbie aurait disparu. Comme beaucoup de mères.

Seulement voilà, on sait que ça se passe dès l’éducation. Et c’est loin d’être simple. Je suis la première à dire qu’il ne faut pas faire de différence sauf que dans les faits, j’en fais.

Comment j’imagine mes enfants à 5 ans ? Alphonse, tout crotteux d’avoir fait les 400 coups dans le jardin sous la pluie. Ernestine, cheveux longs et belle robe en train de lire confortablement. Vous avez dit clichés ?

A la naissance d’Alphonse, il a été gâté. Tout plein de petits vêtements trop mignons, de peluches toutes douces… J’adore les salopettes. C’est joli et pratique. Et à la naissance d’Ernestine, je voulais des robes. Ben oui, les salopettes ça fait vraiment garçon ! Bim, première différence.

Alphonse a sa chambre.  Bleue. Avec un abat-jour en forme d’avion. Ernestine a la sienne. Rose. Avec un abat-jour en forme de fleurs. Re-bim.

Alphonse joue beaucoup avec ses petites voitures. Il n’a jamais eu de poupées. Je ne l’ai jamais empêché de piquer les petites poussettes au parc, mais je ne lui en ai jamais achetée. Ernestine joue avec les jeux de son frère, mais on lui a offert une poupée pour ses 1 an (qu’elle délaisse d’ailleurs).

Bref, je me pose des questions. Comment peut-on faire pour éduquer ses enfants de la même façon alors que dès la naissance on les traite différement ? Sera-t-il facile au moment de leurs choix de ne pas les freiner ? Et surtout, qu’en ressortira-t-il à l’âge adulte ?

Petite nouvelle

Et voilà, je me lance à mon tour dans la grande aventure de la blogosphère… Que dire ? Par où commencer ? Je ne pensais pas que les 1ers mots seraient si durs à trouver ! J’ai l’impression d’être à la fois une petite nouvelle, et à la fois une habituée, depuis le temps que je lis mademoiselle dentelle d’abord puis sous notre toit et dans ma tribu et, par extension, quelques autres blogs formidables. J’en suis toute intimidée ! (du coup, si tu as des conseils, n’hésite pas !)

Commençons par le début, ça sera peut-être plus simple. Moi en 3 mots : citadine. trentenaire. maman. Et voilà qui explique cela. Mes enfants occupent en ce moment toute ma vie. Normal, me direz vous, ils ont 3 ans et 4 mois pour l’aîné, 16 mois pour la cadette. Et c’est vrai que ça occupe ! Il y a Alphonse, qui me tracasse pas mal ces derniers temps et Ernestine, vraie petite chipie qui sait prendre la place qui lui revient.. voire un peu plus. Et bien sûr, il y a Monsieur Papa. Toujours là quand il faut, mon soutien infaillible (ou presque) Bref, si je pouvais, je ne parlerai que d’eux tout le temps, je chercherai des réponses à toutes mes questions, des conseils à chaque phase de développement… Sauf que je ne peux pas, bien sûr. Je ne peux pas monologuer sur mes enfants, je ne connais personne qui rencontre les mêmes problèmes que moi. Alors voilà. C’est ici que je vais m’épancher (et peut-être que certaines se reconnaîtront, qui sait ?) mais pas que !