« Je ne veux pas d’enfant »

hqdefaultCa fait plusieurs fois que j’entends cette petite phrase si lourde de sens. Et en général, elle est souvent accompagnée d’un parce que. Une question de budget, d’envie, de carrière… La plupart sont valables et, à défaut de les comprendre, je les entends. Mais, au milieu de toutes ces raisons (censées), il y en a une qui me pose problème : « je ne veux pas donner la vie dans un monde aussi pourri que le nôtre » A chaque fois, cette excuse je la trouve piteuse.

Je conçois que le monde des bisounours est à des année-lumière de notre quotidien. L’attentat de Nice est un drame qui s’ajoute à une liste déjà beaucoup trop longue. Notre planète est malade et continue de décliner, la politique mondiale n’en faisant pas assez d’un point de vue écologique. La racisme est encore présent, l’égalité culturelle, sociétale, sexuelle est encore un doux rêve auquel quelques rêveurs s’accrochent. La crise économique a laissé des traces durables, le chômage touche encore beaucoup trop de monde. Notre société est droguée aux antidépresseurs, somnifères et autre cachets. Non, c’est sûr, dit comme ça notre monde ne fait pas envie.

Et pourtant… si, au lieu de se lamenter et de soupirer, on regardait le verre à moitié plein ?!

D’un point de vue historique, il y a eu de nombreuses périodes sombres auxquelles je suis bien contente d’avoir échappé. En voici quelques unes :

  • La persécution des chrétiens
  • L’inquisition
  • La chasse aux sorcières
  • La Terreur

Je ne parlerai pas de toutes ces dictatures qui jalonnent l’histoire (et qui existent encore pour certaines), de l’esclavage ou des épidémies qui décimaient une bonne partie de la population… Non, je me contente de me trouver chanceuse d’être née en France à cette époque. Il y a (eu) tellement pire !

D’un point de vue pratique, je suis bien contente de bénéficier de tout le confort que nous offre la vie moderne

  • l’eau courante et l’électricité
  • les différents moyens de transport pour voyager
  • les supermarchés / marchés où je trouve toujours ce qu’il faut pour nourrir ma famille
  • le téléphone et internet pour rester en contact avec ceux qui me sont chers et qui habitent loin
  • la médecine moderne qui permet de (presque) tout soigner

Alors, je le redis, même si je connais des moments de doutes, de peur, d’abattement, même si je suis consciente que notre monde est très imparfait et qu’il y a encore tant à faire, même si le terrorisme est une triste réalité et qu’on ne connaît pas les conséquences du réchauffement climatique, je suis heureuse. Heureuse de câliner mes enfants et leur faire découvrir la vie, en espérant leur transmettre le bonheur des choses simples. Heureuse de retrouver mon mari tous les soirs et de pouvoir discuter avec lui. Heureuse d’avoir des amis avec qui aller boire un verre et échanger sur des sujets plus ou moins futiles. Heureuse de faire de nouvelles rencontres régulièrement qui m’enrichissent et me font découvrir tant d’autres choses.

Et parce que je suis heureuse malgré tout, je me dis que mes enfants pourraient l’être (et j’espère qu’ils le seront) et que donner la vie est une aventure merveilleuse et un cadeau- un peu empoisonné par moment – mais un cadeau formidable.

Pour conclure, voici un extrait d’un livre de jeunesse que j’avais adoré à l’époque et qui m’a beaucoup marqué par la justesse de l’écriture :

« Finalement, l’enfance n’est pas une maladie très grave : elle finit toujours par passer.
 Parfois, pourtant, ça ne se passe pas très bien. C’est que cet âge n’est pas garanti pur fruit pur sucre. On y trouve des noyaux, aussi. Ou pis. Même les enfants heureux peuvent avaler de travers un bout d’existence. ça ne les empêche pas de rire. Quant aux autres. Quand l’existence leur fait la vie dure, ils se fabriquent bravement de petits bonheurs, à la vie-comme-je-te-pousse. » (Fil de fer, la vie. Jean-Noël Blanc)

Malade

sans-titreUn front brûlant

Un regard larmoyant

Une main qui tremble

Je déteste voir mes enfants malades. C’est terrible. Mon cœur de maman se sert. Comme j’aimerai pouvoir prendre cette méchante fièvre pour moi. Comme j’aimerai la faire s’envoler par un bisou magique. Mais non, j’assiste impuissante à leur mal-être.

L’autre nuit, Alphonse a appelé à 2h30. Je vous avoue, quand je me lève à cette heure là, mon humeur est capricieuse. J’étais prête à dire sèchement à mon gredin de fils que je fais dodo – comme tout le monde – et qu’il devrait faire de même. Et puis, j’ai senti son corps qui irradiait une de ces chaleurs… J’ai rangé mes remarques et je me suis assise sur son lit. « ça va ? » Petit sourire faible, mais sourire quand même. Petite voix de souris pour me dire un petit « oui ». Ne t’inquiète pas maman, ça ira bientôt mieux. Alors oui, ça ira bientôt mieux, mais non ça ne va pas du tout. J’ai été cherché un verre d’eau. J’ai regardé cette petite main qui tremblait tellement que j’ai cru que le verre allait se renverser. J’ai dégainé le thermomètre. Il n’en voulait pas. J’ai discuté, expliqué. Et j’ai regardé ces chiffres qui n’en finissaient pas de monter. 40.3 °C. Oh, mon pauvre petit chat !! Le découvrir ? Il était déjà nu ! J’ai essayé de lui donner du doliprane. Il n’en voulait pas.

Petit aparté. Ne faites pas la même erreur que moi ! Ne forcez pas votre enfant à prendre du doliprane s’il n’en veut. Je l’ai dégouté ! Il avait 6 mois et 3 ans après il refuse encore systématiquement tout sirop !!!

Il nous reste des suppos (parce que bon, le doliprane c’est quand même un indispensable !). Il a grossi depuis la dernière utilisation et ce n’est plus le bon poids mais tant pis. ça sera mieux que rien. Il accepte de se recoucher. Il est particulièrement gentil.

D’habitude, après un réveil nocturne, j’arrive à me rendormir facilement. Cette fois là, non. Ce 40.3 °C tourne en boucle dans ma tête. Et si c’était grave ? Va-t-il bien dormir le restant de la nuit ? Comment sera-t-il demain ? Suffisamment en forme pour aller à la crèche ? Chez la nounou ?

Le lendemain matin, il se réveille plus tard que d’habitude. Oui, je sais, c’est normal. La fièvre fatigue. Mais j’ai eu tellement peur en ouvrant la porte de sa chambre pour le réveiller de trouver un petit Alphonse amorphe.

Et petit à petit, j’ai retrouvé mon petit garçon. Un peu trop bruyant, un peu trop remuant mais – surtout et c’est ce qui compte – plein de vie

Alors voilà, nos enfants sont malades. ça arrive. C’est même plutôt sain. Un peu de fièvre par ci par là fera d’eux des adultes robustes et en bonne santé. Ce n’était ni la 1ère fois et ça n’est pas la dernière. Mais qu’est-ce que je déteste ça !

 

Liebster Award : mon 1er

104468386_oOulà là, grâce à Die Franzoesin, j’ai un peu l’impression de rentrer vraiment dans la blogosphère. J’en suis à la fois intimidée, effrayée et ravie ! Le 1er liebster Award, c’est quelques chose quand même ! Alors, un grand merci à toi Fran-fran et je me lance dans tes questions (ou celles de Miss Lune ?!)

1- Quel est ton péché mignon ? J’adore passer plus de temps qu’il n’en faut dans la douche. Shampoing, gommage… Mais je culpabilise régulièrement en pensant à la planète.

2- Quelle est la rencontre qui t’a le plus marquée dans ta vie ? La rencontre avec Alphonse, mon tout petit. S’il y a bien une rencontre qui m’a changé à jamais, c’est celle là ! Je pourrais également parlé de mon amie d’enfance avec qui j’ai partagé les classes de la primaire jusqu’au lycée. Même si les études nous ont éloignées, nous ne serons jamais des étrangères l’une pour l’autre.

3- Plutôt plage ou montagne ? Sans hésiter, la plage. J’ai beau avoir la peau plus blanche que blanche, détester me mettre sur la plage… J’adore l’eau ! Nager, me baigner, me plonger… Je pourrais y passer des heures et mes meilleurs souvenirs de vacances sont dans ce milieu. C’est d’ailleurs notre problème de couple majeur – mon mari n’aimant pas se baigner ! Les vacances sont maintenant le fruit d’intenses réflexions !

4- Quelle est ta série télé préférée ? Je ne suis pas très série télé. Ce n’est pas que je n’aime pas ça, c’est que je trouve que c’est vraiment trop chronophage et j’ai donc l’impression de perdre mon temps. Néanmoins, Desperate Housewives aura rythmé mes années étudiantes et aura toujours une aura particulière pour moi.

5- Si tu pouvais vivre à une autre époque, laquelle choisirais-tu, et pourquoi ? Les 30 glorieuses. La guerre est finie. On se dit que jamais, plus jamais il n’y aura une telle barbarie. Les jeunes sont épris d’un vent de liberté, les femmes se libèrent de leur carcan, il y a une explosion de bébés et l’état a les moyens d’être l’état providence. C’est une époque où la joie de vivre l’emporte sur tout le reste et je me dis qu’il devait être bon d’être jeune à ce moment.

6- Quel est ton défaut le plus inavouable ? Je manque cruellement de patience. Je suis assez impulsive. Quand j’ai envie de quelque chose, il faut que ce soit là, maintenant. Et c’est aussi pour ça que j’ai beaucoup de mal avec les surprises. A partir du moment où je sais qu’il y a quelque chose, je n’ai qu’une hâte : savoir ce que c’est.

7- Quelle est ta plus belle qualité ? ça va sûrement vous sembler impossible avec l’impatience qui me caractérise mais je suis (quand même) quelqu’un de réfléchi. J’ai les pieds bien ancrés sur terre et je suis toujours hyper organisée – je pourrais vous balancer de tête mon agenda pour les 6 mois à venir – ce qui fait que le plupart du temps je me laisse porter par l’instant présent puisque je l’ai déjà anticipé.

8- Il y avait quoi sur ta liste de Noël, cette année ? Alors là, je ne me souviens plus ! Je suis souvent à court d’idée (rapport au fait que quand je veux quelque chose, je le veux tout de suite, hum hum) et j’ai une fâcheuse tendance à m’acheter mes cadeaux moi même et les donner ensuite à ma mère / mon mari… pour qu’ils les emballent et me les donnent au bon moment.

9- Plutôt chocolat noir ou au lait (si tu réponds blanc, je ne te parle plus !) ? Noir, aromatisé abricot, orange, myrtille… peu importe. Mais un repas qui ne se conclut pas sans son carré de chocolat est un repas incomplet !

10- Pourquoi as-tu ouvert ton blog ? Hum. Difficile à dire. Je parcours la blogosphère depuis quelques années maintenant et j’en apprends chaque jour davantage. Et un jour, sur un coup de tête, j’ai ouvert mon blog. J’avoue que je ne sais pas du tout ce que ça va donner dans la durée !

11- Ton vœux le plus important pour 2016 ? Rien de spécial. Juste que mes enfants grandissent bien, qu’ils n’aient pas de gros problèmes de santé, que la première rentrée d’Alphonse se passe bien… Le même vœu que toutes les mamans ne traversant pas d’épreuves pourraient faire quoi !

Et voilà, pfiou ! J’ai tout répondu ! En théorie, ça devrait être à moi de nominer d’autres bloggeuses. Sauf que mon blog est tellement tout jeune que je ne connais pas de blogs méconnus. Mais promis, dans 6 mois, si je suis encore là, je me rattraperais !

En attendant, bon début de semaine à tout(e)s !

 

Un parfum d’herbe coupée

9782253191117-XAvant d’avoir des enfants, j’étais capable de lire 3 livres à la fois, je jonglais avec allégresse entre différents genres, je passais des journées et des nuits entières à bouquiner. Bref, j’aime lire. Maintenant, les occasions se font plus rares, je n’en lis plus qu’un à la fois de peur de perdre le fil. C’est pourquoi je choisis mes livres de façon minutieuse. Et il y en a un que j’ai envie de partager : Un Parfum d’herbe coupée, de Nicolas Delesalle.

De premier abord, rien de spécial. Même plutôt ennuyeux. C’est son 1er roman et on le ressent dans le 1er chapitre un peu gourd. Mais l’auteur a une direction et il y va. Et une fois qu’il y est… que c’est bien ! C’est un roman décousu. Chaque chapitre est un souvenir d’enfance. On y retrouve les rites initiatiques et des moments un peu plus légers. Son côté décousu lui confère un aspect hors du temps. Et comme il y a des passages obligés dans l’enfance, ce livre fait forcément écho chez le lecteur. C’est une madeleine de Proust universelle.

Une fois le livre terminé, je me suis sentie heureuse. Complice d’avoir partagé tous ces petits moments si anodins et si spéciaux à la fois. Rêveuse de m’être rappelée de souvenirs de ma propre enfance. Et un peu envieuse aussi. Que ce doit être bien d’avoir encore tout à écrire, d’être libre de faire les expériences les plus folles. Mais, à l’âge où ces expériences sont possibles, nous n’avons pas conscience de cette chance. Et je me suis posé la question : si, dans 20 ans, mes enfants devaient écrire un livre semblable, qu’y mettraient-ils ? Puis-je leur faire prendre conscience de cette chance inestimable qu’ils ont ? D’être à ce point zéro où leur univers des possibles est infini ?

Non, bien sûr. C’est leur rôle d’enfant que de vouloir grandir. C’est mon rôle de maman de les accompagner pour que dans 20 ans ils puissent se dire « en fait, on est de sacrés veinards »