Un épisode banal ?

Je voudrais partager avec toi ce qu’il m’est arrivé hier. Sans que je m’y attende, cet épisode m’a beaucoup affecté sur l’instant et j’ai cogité et re cogité sur : « mais comment aurai-je du réagir ? »

Tout d’abord, je te fais un petit topo. Tous les soirs, nous allons acheter le pain. Ça fait une petite marche pour les enfants et ils adorent manger un peu de pain sur le chemin du retour. La boulangerie est récente et donc moderne : elle a deux caisses automatiques. Je te rassure, il y a des humains derrière les machines. Mais ces derniers ne touchent que leurs produits et pas la monnaie (personnellement, je trouve ça très bien cet hygiène !) Naturellement, c’est un moment privilégié pour Alphonse. Je lui donne une pièce, il la met dans la machine et me donne les pièces que la machine sort en retour (il est toujours déconcerté quand je lui donne pile l’appoint et qu’il n’a rien à me rendre !). Bref, c’est notre quotidien.

Hier soir, une femme était devant nous. Pas de chance pour elle, elle devait avoir des problème de santé et avait une espèce de caddie pour l’aider à marcher. Cette grognasse, au lieu de le ranger un peu l’avait mis pile devant les caisses. Soit. Comme d’habitude, je donne sa pièce à Alphonse. Mon petit se faufile et se glisse entre le caddie de la mégère et la caisse pour payer. Sauf que quand il veut revenir vers moi – en retrait donc avec Ernestine et la poussette – il butte contre le caddie et tombe. Rien de bien méchant comme tu le vois.  Sauf que là, la mégère s’exclame bien fort « non mais c’est pas vrai ! »… et lui donne la fessée. Pas bien forte, ça n’a pas traumatisé Alphonse (et heureusement), mais fessée quand même. J’en étais sidérée. Évidemment, je n’ai pas réfléchi. J’ai démarré au quart de tour en lui disant – sur un ton pas très aimable – qu’en aucun cas elle n’avait le droit de frapper mes enfants. Et là, c’est elle qui m’engueule en me disant que je n’ai qu’à surveiller mes enfants plutôt que de les laisser faire n’importe quoi, que moi aussi je gêne tout le monde avec ma poussette… Mais, mais WTF ???????????

J’ai haussé les épaules et je suis partie. A quoi bon discuter avec quelqu’un visiblement aigri et de mauvaise foi ?

Et puis, mine de rien, hier soir, je n’arrêtais pas de ressasser cette histoire. Et surtout, je me demandais : comment aurai-je du réagir ? Je ne suis pas sûre que lui donner la fessée en retour soit une bonne réponse, comme l’a suggéré mon mari (en plaisantant, je te rassure). Lui crier dessus, certainement pas non plus. J’ai vu ce que ça a donné. Mais alors, quoi ? Si tu as une réponse, je suis toute ouïe, parce que j’espère bien que si cet épisode se répète je ne me sente pas aussi démunie.

Seule

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J’ai eu mon 1er enfant relativement jeune. A 26 ans. Je sais que certaines l’ont beaucoup plus tôt, mais avec mon bac+5, je faisais un peu figure d’extraterrestre. Avant ma grossesse, je vivais mes années post étudiantes avec insouciance. Pour la 1ère fois, j’avais de l’argent, des copains aux quatre coins de la France et une furieuse envie de profiter de la vie.

Et puis… un petit haricot s’est accroché malgré tout dans mon ventre. Le rythme de vie que je menais ne lui faisait apparemment pas peur ! J’ai essayé tant bien que mal de continuer à profiter des quelques week-ends que j’avais, ce n’était plus pareil. Trop loin, trop fatiguée… j’ai commencé petit à petit à me sédentariser. Il faut dire que faire des horaires décalés n’arrangeait rien, au contraire ! Moins disponible et plus fatiguée : combo gagnant pour s’isoler !

Les débuts avec Alphonse ont été très rudes. Le pauvre a été constipé dès la naissance. Les biberons d’Hépar, les compotes de pruneau n’y faisaient rien : il avait mal au ventre. Et pleurait non stop toute la journée. Alors oui, bien sûr, il a fait ses nuits très tôt. Mais ce n’était que parce qu’il était épuisé de tant pleurer la journée. Les sorties dans ces conditions ? Oubliées, bien sûr.

J’ai arrêté de travailler en 3×8 lorsque je suis tombée d’Ernestine. Je retrouvais tous mes week-ends, joie ! Je les passais exclusivement à dormir dans un 1er temps et à consacrer du temps à Alphonse ensuite. Les sorties avec les copains ? J’en faisais un peu, bien sûr, mais tellement moins qu’avant !

Et Ernestine est née. Dans le groupe de copains, quelques grossesses étaient annoncées. Pas beaucoup, mais il faut bien un début. Sauf que 2 enfants, c’est 2 fois plus de travail. Difficile de partir un week-end entier et laisser le papa gérer tout tout seul. Pas que je ne lui fasse pas confiance, mais bon, c’est pas très sympa de le mettre la tête sous l’eau pour que j’aille m’amuser. (oui, j’avoue, je le fais environ tous les 6 mois !)

Et maintenant, je me rends compte que je suis déconnectée de mes amis. Qu’ils ne me proposent plus systématiquement de me joindre à eux : j’ai tellement refusé d’invitations ! Et je me sens un peu seule. Alors bien sûr, je le comprends, c’est dans l’ordre des choses. Mais des fois j’ai un petit pincement au cœur.

Est-ce que je regrette d’avoir eu mon 1er enfant si jeune ? Parfois oui, je l’avoue. Mais alors je pense à mon papa qui est mort il y a 2 ans déjà. Et je me dis que si c’est le prix à payer pour qu’il ait pu faire connaissance avec son 1er petit-fils, je le paye sans hésiter une seconde.

Et la vie continue. Les amitiés se font et se défont. Et je suis sûre qu’avec l’entrée à l’école de mon grand, je vais rencontrer des parents qui comprendront ce que c’est que d’avoir 2 enfants… et bientôt 3 🙂

La 1ère rentrée

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ça y est ! Alphonse est un grand. Il est entré à l’école il y a près de 15 jours. 15 jours ! Déjà ! Je t’avoue que j’appréhendais beaucoup cette étape… comme toutes les mamans amenant leur aîné(e) pour sa première rentrée j’imagine. Je craignais de nombreuses choses, à commencer par des accidents de propreté en passant par un manque d’autonomie sans oublier un rythme trop dur pour lui ou qu’il se fasse bousculer par les grands. Parce que oui, commencer à 8h30, manger à la cantine et faire la garderie jusqu’à 18h, ça fait beaucoup pour un petit garçon de 3 ans demi !

Alors, nous l’avons préparé bien en amont. On a visité son école en juin (il a fait pipi dans sa classe, oups !), il y a rencontré sa future maîtresse. On lui a expliqué qu’il grandissait et que nounou et crèche c’était fini. Et surtout, on lui disait que l’école c’était génial. Il allait y faire plein de choses et rencontrer plein de copains. Et on expliquait aussi à Ernestine que son grand frère ne serait plus du tout avec elle chez la nounou et que parce qu’il allait à l’école, elle devait changer de nounou (j’y reviendrais probablement un jour…)

La rentrée s’est très bien passée. Pas de pleurs, d’interrogations, de cris. Non, rien de tout cela. Un petit garçon content d’accrocher son sac à la patère sur laquelle il y avait déjà son prénom, content d’entrer dans la classe et de voir qu’il y avait plein de « copains » et surtout ravi de découvrir plein de nouveaux jeux. Je ne suis restée qu’à peine 5 min ! Lorsque je suis repartie, il avait déjà trouvé un livre, s’était assis sur un coussin et commençait sa lecture.

Les quatre premiers jours ont été spéciaux et un peu durs pour lui : 1h les jeudi et vendredi et 1h30 les lundi et mardi. L’école appelle ça l’adaptation. Moui, on parle de l’adaptation de la maîtresse là, parce qu’à fois Alphonse était frustré ne pas pouvoir resté plus longtemps et ne comprenait pas pourquoi les grands avaient le droit de jouer dehors et pas lui… Il n’avait qu’une hâte : y retourner !

Quand il a commencé les vraies journées, j’appréhendais encore plus. Passer de 1h30 à presque 10h, c’est un peu violent, non ? Et bien, a priori, pas pour lui ! Jusqu’à maintenant j’ai récupéré un petit garçon ravi qui me demande 1h après être rentré de l’école quand est-ce qu’il y retourne. Pourvu que ça dure !

Et pour mes appréhensions ? Pour la propreté, quelques tout petits loupés au début, mais on dirait que c’est réglé maintenant. Pour l’autonomie, pour la 1ère fois, il réclame à faire « tout seul ». Enfin ! A la maison, il se laisse porter en bon petit fainéant qu’il est. Quant au reste… il est encore un peu tôt pour se prononcer, mais ayant une tête de plus que l’ensemble de ces camarades, je me fais beaucoup moins de souci !

La famille s’agrandit ? Vite, préparons l’aîné !

Lorsque je suis tombée enceinte d’Ernestine, Alphonse n’avait même pas 18 mois. Alors, quand je lui ai dit qu’il allait être grand frère, ça ne lui faisait ni chaud ni froid : il ne comprenait pas. J’ai essayé de lui expliquer, le ventre qui grossit, bébé qui se développe, le matériel de puériculture qu’on ressort… Il ne comprenait toujours pas. Ou, pour être plus précise, il comprenait ce que je lui disais mais s’en fichait : il ne voyait pas en quoi ça le concernait (le fou !). Quand on croisait une femme enceinte ou un bébé dans la rue, j’en remettais une couche. Mais j’ai très vite compris que j’avais besoin d’aide. Et il se trouve qu’il y a quelques livres très bien faits ! Allez, il restait un peu de place dans sa petite bibliothèque ! Voici donc mes livres coup de cœur pour accompagner un(e) futur(e) aîné(e) (à partir de 2 ans)

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Pendant la grossesse

Et dedans il y a (Jeanne Ashbé)

dedansUn petit livre très cartésien. Divisé en chapitre, ce petit livre fonctionne avec des rabats. Il y a des choses (par exemple une valise) et lorsqu’on soulève le rabat on voit ce qu’il y a dans ces choses (par exemple des vêtements). Il y a 3 chapitres : les choses qu’on peut ouvrir, les choses qu’on ne doit pas ouvrir et le ventre de maman. Alphonse a beaucoup aimé jouer avec les rabats… qui ont plutôt bien résisté !

 

Il y a une maison dans ma maman (Gilles Andreae)

maison maman

Un livre plein de poésie qui reprend les interrogations d’un petit garçon : il y a un bébé dans le ventre de maman… mais comment fait-il pour dormir s’il n’a pas lit ? pour manger s’il n’y a pas de frigo ?

 

A la naissance

Une petite sœur, ça sert à quoi ? (Collectif)

Cabotinça y est ! Bébé est là ! Sauf qu’un bébé ça ne fait que dormir, boire des biberons… ça ne sert à rien ! Cabotin, un grand frère écureuil tout mignon,  est déçu : il ne s’attendait pas du tout à ça. Encore un livre plein de poésie qui, évidemment, se finit bien. Seul petit point négatif, ce livre existe aussi en version petit frère et j’ai trouvé le texte vraiment moins bien

 

Un amour de petite sœur (Astrid Desbordes)

amour petite soeurCe livre s’adresse aux un peu plus grands (à partir de 3 ans je dirais) et est, encore une fois, très beau. Ce qui change vraiment du reste des livres sur ce thème est qu’il ne se contente pas d’un moment donné -grossesse ou naissance. Non, ça commence quand les parents annonce au petit garçon qu’il va être grand frère. Puis bébé naît… et grandit. Je trouve ça vraiment bien parce que ça permet d’expliquer que oui, pour l’instant, ce n’est qu’un tout petit bébé qui ne fait pas grand chose mais bientôt, ce sera un compagnon de jeu.

Et toi ? Tu as eu d’autres coups de cœur sur ce thème ?

18 mois

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18 mois déjà ! Comme le temps file… je me souviens comme si c’était hier de tes coliques-toujours entre 1h et 2h30 du matin – de tes grands yeux étonnés qui ne se lassaient pas de regarder tes mains, de tes tout premiers sourires. Comme si c’était hier et pourtant, ta taille a (presque) doublé, ton poids (presque) triplé et tes progrès m’impressionnent très régulièrement.

 Comme je suis une éternelle râleuse, je vais commencer par ce qui ne va pas. Tu pleures, tu chouines, tu cries pour un rien. Depuis le début. Ou plus exactement, depuis que tu as compris que tu pouvais exprimer ta contrariété – c’est à dire très tôt ! Je me disais que ça  allait s’arranger en grandissant, et je me le dis toujours !, mais que l’attente est longue ! L’apprentissage de la frustration est un apprentissage comme un autre. Et il se trouve que pour toi, c’est un apprentissage difficile… On ne peut pas avoir de la chance à tous les coups.

Parce que, quand tu n’es pas contrariée tu es une petite fille intelligente, espiègle, chipie, drôle, attachante… Il n’y a pas de mot pour te décrire. Tu es toi et tu embrases régulièrement mon cœur de maman.

  • Déjà, et ce n’est pas rien, tu dors bien ! Quand on te dit que c’est l’heure d’aller au dodo, tu secoues ta petite main, dit « owa » et essaye d’escalader ton lit.
  • Ensuite, tu manges bien. Tu essayes de plus en plus de manger toute seule et tu te débrouilles assez bien. Et tu demandes de plus en plus à « goûter » ce qu’on mange. Même quand on t’explique que la 5ème cuillère ce n’est plus « goûter », c’est « manger »
  • Dans le bain, tu réclames du savon dans ta petite main et tu frottes ton ventre. Par contre, tu n’as pas encore compris que c’était bien de laver aussi le reste du corps.
  • Tu as marché à 16 mois et demi chez la nounou. Mais chez nous, c’était le 4 pattes. Quand tu croyais qu’on ne te voyait pas, tu te mettais debout… pour repartir à 4 pattes dès que tu t’apercevais qu’on te regardait. 3 semaines après, tu daignais marcher également chez nous, et depuis on ne t’arrête plus.
  • Tu parles ! Et tu connais tant de mots que je serai incapable de les lister. Alphonse a dit ses 1ers mots à 3 ans. On a beau savoir que c’est normal de commencer à parler vers 18 mois, je n’en reviens toujours pas ! Au moins, avec toi, je n’aurais pas l’inquiétude d’un éventuel autisme (aucun doute, j’aurais d’autres inquiétudes je le sais !)
  • Tu es fascinée par les chiens, les bébés et les hélicoptères. Lorsque tu fais une colère, il suffit de ça pour te distraire et te faire oublier pourquoi tu es contrariée.
  • L’époque où l’on pouvait t’habiller comme on voulait est déjà révolue. Le matin, c’est toi qui ouvre ton placard et choisis ce que tu veux mettre.
  • Tu adores jouer avec les voitures. Les livres c’est pas mal aussi. Quand on va à la bibliothèque, c’est toujours une fête.
  • Dire que tu as plein de cheveux serait exagéré. Mais ils commencent (enfin) à pousser et de petites boucles se forment. Il va bientôt falloir instaurer le rituel de brossage de cheveux.
  • Tu joues de plus en plus avec Alphonse. Il t’imite, tu l’imites et vous éclatez de rire. Vous jouez à coucou caché ou vous chantez des chansons ensemble. Voir la complicité se développer entre vous et quelque chose de merveilleux.

Bref, il n’y a plus de l’ombre d’un doute. Mon petit bébé est devenue une petite fille !

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