Le traitement

Après une attente qui nous paraît interminable, nous apprenons avec soulagement que la tumeur de mon petit Alphonse est une tumeur à risque standard. Double soulagement : d’une part (et surtout), les chances de guérison sont plus importantes, d’autre part on peut commencer le traitement et avoir ainsi l’impression de faire quelque chose.

Oui, mais quel traitement ? Les médecins nous disent que le choix nous revient. Ayant moins de cinq ans, deux options s’offrent à Alphonse. La première, c’est la radiothérapie suivie de la chimiothérapie : 6 semaines d’irradiation avec une anesthésie générale quotidienne. Et des séquelles potentiellement très graves. Puis 12 cures de chimiothérapie standard. La seconde, c’est uniquement de la chimiothérapie : 3 cures standard suivies de 3 cures à haute dose. Et des séquelles moins graves. Dit comme ça, le choix est vite fait, n’est-ce pas ? C’est probablement pour ça que les médecins nous l’ont présenté comme ça. Certes, le choix nous revient et c’est nous qui avons dit non à la radiothérapie, mais les médecins nous ont quand même fortement influencés (et c’est tant mieux !) D’autant plus qu’en cas de récidive, nous aurons encore l’arme de la radiothérapie (si seulement nous pouvions ne jamais en avoir besoin…) Et, ce qui n’est pas pour nous déplaire, le traitement est quand même beaucoup moins long !

Une fois cette décision prise, la toute première question que nous avons posé c’est : quand commence-t-on ? Réponse immédiate : demain. Ça fait un mois qu’Alphonse s’est fait opéré, maintenant que les médecins connaissent avec certitude la tumeur, et donc le traitement à lui associer, aucune raison de traîner. Au contraire.

Le traitement se découpe donc en deux blocs de chimiothérapie. Le premier s’appelle la chimiothérapie d’induction. J’y apprends des noms barbares tels que vincristine ou cisplatine. Des molécules qui font tomber les cheveux (alopécie, encore un nom barbare, il y en a beaucoup !), diminuer l’hémoglobine et les globules blancs… Et attaquent la tumeur. Alphonse est hospitalisé 4 jours par cure. Il a ensuite deux semaines de répit et on recommence. Enfin, je ne suis pas sûre que le terme répit soit bien adapté. Entre les séances de rééducation, les injections et prises de sang, les journées sont quand même chargées. Mais ce n’est rien par rapport à la chimiothérapie à forte dose. Celle là s’appelle la chimiothérapie de consolidation. Et mon petit Alphonse sera hospitalisé 3 semaines toutes les 3 semaines… Autant dire quasiment 9 semaines en continu. Il y a mieux comme vacances n’est-ce pas ? Mais qu’est-ce qu’un été gâché quand la vie de mon petit garçon est en jeu ?

On est le 28 mars et la machine est lancée. Je compte chaque semaine qui me rapproche de la fin du traitement, je stresse à chaque symptômes de fièvre, chaque repas non pris… Et je me lève toutes les nuits pour Gustave. Je m’épuise. Je cherche la lumière du bout du tunnel et je m’y accroche comme un naufragé s’accroche à sa planche. C’est ce qui me permet de tenir. Courant août, nous retrouverons une vie.

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16 réflexions sur “Le traitement

  1. Je découvre petit à petit votre histoire et je ne peux qu’imaginer les difficultés que vous rencontrez. Alors, je vous laisse juste un message de réconfort et de soutien car je peux difficilement faire plus, même si je le souhaite du fond du coeur…

    Virginie

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  2. C’est dur à lire alors je n’ose même pas imaginer ce que ça doit être de le vivre.
    Ton petit Alphonse va se battre et j’espère de tout coeur que ce mois d’août arrivera au plus vite et que dans quelques années tout cela ne sera définitivement plus qu’un mauvais souvenir.
    Plein de bisous à ton petit guerrier 😙😙

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  3. A « risque standard »… J’ai beau travailler dans le milieu médical, son choix d’expressions me laisse parfois sans voix… En même temps, comment qualifier cette saloperie ?!

    J’envoie plein de courage à ton petit Alphonse ♥♥♥

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  4. C’est sur que présenter ainsi, le « choix » du traitement par chimiothérapie uniquement semble plus logique.
    C’est une moche maladie, parfois le traitement est plus violent que les symptômes (du moins ceux du départ). Mais c’est pourtant nécéssaire.
    Je vous souhaite plein de courage, je vous souhaite de faire partie de ceux que la chimio n’affecte pas trop!

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  5. J’aimerais tellement pouvoir t’apporter un peu de soutien, t’envoyer un peu d’énergie pour tenir, faire quelque chose de concret pour soulager votre quotidien… Ne perd pas de vue cette petite lumière au fond du tunnel, chaque jour qui passe vous en approche.

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  6. Très touchée par votre blog et votre histoire, je vous envoie pleins de bonnes ondes et de courage pour surmonter cette tempête avec votre famille.

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