Bye bye

20563109595_a315dd1e8f_oCe week-end devait être un week-end de fête : ma famille venait chez nous pour les 4 ans d’Alphonse et les 2 ans d’Ernestine (wow, déjà !)

J’ai fait le « gâteau d’anniversaire » avec mon petit bonhomme (au chocolat, évidemment) et ils ont soufflé leurs bougies. C’était chouette. Ils étaient ravis d’avoir leur grand-mère qui dort dans la maison, des cadeaux qu’ils n’attendaient pas (ils ont très bien compris que Noël équivaut à cadeaux mais l’anniversaire est un peu plus abstrait pour l’instant – à part le gâteau !!)… bref, on a passé un super samedi.

Et puis dimanche matin, en se levant (beaucoup trop tôt évidemment – merci les gremlins !) ma mère regarde son téléphone, lit un texto et reste interdite. On a tous compris immédiatement ce qui venait d’arriver : mon papi était mort pendant la nuit. Bien sûr, on s’y attendait. Je l’espérais même. Mais ça fait un choc quand même.

Depuis longtemps déjà ce vieil homme n’était plus mon grand-père. Comme tant d’autres, Alzeihmer ne l’a pas épargné. Et comme tant d’autres, nous avons assisté impuissants à sa déchéance. Notre deuil, ça fait longtemps que nous l’avons fait.

Mais j’ai quand même été frappée par sa force de caractère même à la toute fin. Mon grand-père a toujours été une vraie tête de mule. Plus têtu, je crois que ce n’est pas possible ! Et bien, malgré la maladie, c’est lui qui a décidé que c’était fini. Lui et personne d’autre. Comment ? Il n’y a pas plus simple : il suffit d’arrêter de boire et manger. Evidemment, il aurait pu être perfusé. Mais à quoi bon ?

Alors, maintenant que ce chapitre est clos, il me reste mes souvenirs. Beaucoup de jolis souvenirs et un amour inconditionnel pour les grandes plages des landes, leurs vagues et leurs dunes. Parce que c’est de là qu’il venait et que c’est là que j’ai passé beaucoup de mes vacances.

D’ici quelques jours, je vais aller à l’enterrement. Et ça me semble étrange d’enterrer quelqu’un avec un ventre sur le point d’exploser. Comme si une vie s’achevait pour qu’une autre puisse commencer. Etrange mais aussi salvateur. C’est un peu la revanche de la vie et surtout, c’est dans l’ordre des choses. Un vieillard de presque 90 ans décède. Un tout petit bébé arrive. Alors j’espère que mon petit bébé aura une vie aussi longue et aussi riche que celle de son arrière grand-père.

Dur dur

ballon_de_foot_creve En ce moment, je n’ai de l’énergie pour rien. Ca fait tellement longtemps que je n’ai pas sorti ma machine à coudre et mes aiguilles. Mon livre semble interminable.Les lessives s’accumule. Et je délaisse complètement l’univers du blog. J’ai bien conscience que je laisse mourir – lui qui est si jeune ! A quoi est-ce du ? A la combinaison de plein chose j’imagine.

Tout d’abord, le boulot. J’ai changé de poste récemment. Alors, forcément, il y a plein de nouvelles choses à apprendre, de nouveaux collègues à apprivoiser. Et, je sais que j’ai de la chance, de formations à suivre (dont 1 dans le grand nord… tellement loin de chez moi !) Je ne me plains pas, je suis ravie de ce changement. Mais fatiguée aussi.

Ensuite, il y a les enfants. Gros scoop : 2 enfants de 3 et demi et 20 mois, ça demande de l’énergie. Lorsque j’ai lu l’article de Louna sur le terrible two de Poupette, je me suis dit : « ah ! mais ça explique bien des choses » Sauf qu’Ernestine n’a jamais été une petite fille facile. Je rentre à la maison, tout va bien. Et pof ! Voilà que ma fille s’allonge sur le trottoir en hurlant. Juste que parce que je n’ai pas son doudou, ne veux pas lui donner sa tétine ou refuse de la porter. Et comme l’explique si bien Louna, dans ces phases là, espérer raisonner notre progéniture revient à espérer gagner au loto ! Bref, j’ai trop souvent une sirène dans ma poussette (genre pompier hein, pas la princesse Arielle !) (remarquez, l’avantage, c’est que les gens qui prennent racine sur le trottoir me laisse passer sans que j’ai besoin de demander) Je ne vais pas vous lister toutes les colères de mademoiselle, mais en ce moment elles sont régulières et imprévisibles… Et je me rends compte qu’Alphonse ne nous a jamais infligé ça ! Je te rassure, c’était autre chose, mais des colères ? Je n’en ai aucun souvenir. Il est très calme mon fils, et je commence à comprendre que pour ça, j’ai beaucoup de chance.

Ah, il y a aussi les dents d’Ernestine.Elle n’est pas pressée de les sortir, mais quand elle le fait, elle ne fait pas les choses à moitié : 1 incisive et 2 molaires à la fois. Y a pas à dire, le timing est parfait. Juste le terrible two, ça aurait été trop facile.

Enfin, il y a la grossesse. Ce n’est pas une maladie, c’est passager… Je le sais. Mais ce que je sais aussi, c’est que c’est usant ! Je n’ai beau être enceinte que d’un peu plus de 4 mois, j’ai déjà l’impression de ressembler à une baleine échouée. J’ai régulièrement le droit à des remarques sur la taille de mon ventre de parfaits inconnus, de la pharmacienne à mon voisin de bus, qui s’imaginent que je vais accoucher dans les semaines à venir. Et quand je réponds que non, que je ne suis qu’à la moitié de ma grossesse, yeux de merlan frit « mais pourtant votre ventre est énoooooooooorme » Ben oui, c’est le 3ème… Mais si ça n’était que ça, ça irait. Un peu d’agacement, ce n’est rien. Non, ce qui m’embête le plus, ce sont ces douleurs articulaires au niveau de la hanche qui me font déjà boiter depuis plus d’un mois, ce sont ces contractions qui se sont invitées beaucoup trop tôt, c’est cemal de tête de fatigue qui me retrouve régulièrement le soir. Et le fait que je ne puisse plus porter mes enfants comme je le voudrais.

Bref, je suis vidée. Et tellement admirative de tous ces jolis billets – que je lis tellement en retard que j’ai honte de commenter. Alors, à vous toutes, comment faites-vous ? Pour gérer tout à la fois et parvenir à publier des billets si bien écrits, si régulièrement et si intéressants ? Parce que j’avoue que là, je me sens un peu dépassée !

Un épisode banal ?

Je voudrais partager avec toi ce qu’il m’est arrivé hier. Sans que je m’y attende, cet épisode m’a beaucoup affecté sur l’instant et j’ai cogité et re cogité sur : « mais comment aurai-je du réagir ? »

Tout d’abord, je te fais un petit topo. Tous les soirs, nous allons acheter le pain. Ça fait une petite marche pour les enfants et ils adorent manger un peu de pain sur le chemin du retour. La boulangerie est récente et donc moderne : elle a deux caisses automatiques. Je te rassure, il y a des humains derrière les machines. Mais ces derniers ne touchent que leurs produits et pas la monnaie (personnellement, je trouve ça très bien cet hygiène !) Naturellement, c’est un moment privilégié pour Alphonse. Je lui donne une pièce, il la met dans la machine et me donne les pièces que la machine sort en retour (il est toujours déconcerté quand je lui donne pile l’appoint et qu’il n’a rien à me rendre !). Bref, c’est notre quotidien.

Hier soir, une femme était devant nous. Pas de chance pour elle, elle devait avoir des problème de santé et avait une espèce de caddie pour l’aider à marcher. Cette grognasse, au lieu de le ranger un peu l’avait mis pile devant les caisses. Soit. Comme d’habitude, je donne sa pièce à Alphonse. Mon petit se faufile et se glisse entre le caddie de la mégère et la caisse pour payer. Sauf que quand il veut revenir vers moi – en retrait donc avec Ernestine et la poussette – il butte contre le caddie et tombe. Rien de bien méchant comme tu le vois.  Sauf que là, la mégère s’exclame bien fort « non mais c’est pas vrai ! »… et lui donne la fessée. Pas bien forte, ça n’a pas traumatisé Alphonse (et heureusement), mais fessée quand même. J’en étais sidérée. Évidemment, je n’ai pas réfléchi. J’ai démarré au quart de tour en lui disant – sur un ton pas très aimable – qu’en aucun cas elle n’avait le droit de frapper mes enfants. Et là, c’est elle qui m’engueule en me disant que je n’ai qu’à surveiller mes enfants plutôt que de les laisser faire n’importe quoi, que moi aussi je gêne tout le monde avec ma poussette… Mais, mais WTF ???????????

J’ai haussé les épaules et je suis partie. A quoi bon discuter avec quelqu’un visiblement aigri et de mauvaise foi ?

Et puis, mine de rien, hier soir, je n’arrêtais pas de ressasser cette histoire. Et surtout, je me demandais : comment aurai-je du réagir ? Je ne suis pas sûre que lui donner la fessée en retour soit une bonne réponse, comme l’a suggéré mon mari (en plaisantant, je te rassure). Lui crier dessus, certainement pas non plus. J’ai vu ce que ça a donné. Mais alors, quoi ? Si tu as une réponse, je suis toute ouïe, parce que j’espère bien que si cet épisode se répète je ne me sente pas aussi démunie.

Seule

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J’ai eu mon 1er enfant relativement jeune. A 26 ans. Je sais que certaines l’ont beaucoup plus tôt, mais avec mon bac+5, je faisais un peu figure d’extraterrestre. Avant ma grossesse, je vivais mes années post étudiantes avec insouciance. Pour la 1ère fois, j’avais de l’argent, des copains aux quatre coins de la France et une furieuse envie de profiter de la vie.

Et puis… un petit haricot s’est accroché malgré tout dans mon ventre. Le rythme de vie que je menais ne lui faisait apparemment pas peur ! J’ai essayé tant bien que mal de continuer à profiter des quelques week-ends que j’avais, ce n’était plus pareil. Trop loin, trop fatiguée… j’ai commencé petit à petit à me sédentariser. Il faut dire que faire des horaires décalés n’arrangeait rien, au contraire ! Moins disponible et plus fatiguée : combo gagnant pour s’isoler !

Les débuts avec Alphonse ont été très rudes. Le pauvre a été constipé dès la naissance. Les biberons d’Hépar, les compotes de pruneau n’y faisaient rien : il avait mal au ventre. Et pleurait non stop toute la journée. Alors oui, bien sûr, il a fait ses nuits très tôt. Mais ce n’était que parce qu’il était épuisé de tant pleurer la journée. Les sorties dans ces conditions ? Oubliées, bien sûr.

J’ai arrêté de travailler en 3×8 lorsque je suis tombée d’Ernestine. Je retrouvais tous mes week-ends, joie ! Je les passais exclusivement à dormir dans un 1er temps et à consacrer du temps à Alphonse ensuite. Les sorties avec les copains ? J’en faisais un peu, bien sûr, mais tellement moins qu’avant !

Et Ernestine est née. Dans le groupe de copains, quelques grossesses étaient annoncées. Pas beaucoup, mais il faut bien un début. Sauf que 2 enfants, c’est 2 fois plus de travail. Difficile de partir un week-end entier et laisser le papa gérer tout tout seul. Pas que je ne lui fasse pas confiance, mais bon, c’est pas très sympa de le mettre la tête sous l’eau pour que j’aille m’amuser. (oui, j’avoue, je le fais environ tous les 6 mois !)

Et maintenant, je me rends compte que je suis déconnectée de mes amis. Qu’ils ne me proposent plus systématiquement de me joindre à eux : j’ai tellement refusé d’invitations ! Et je me sens un peu seule. Alors bien sûr, je le comprends, c’est dans l’ordre des choses. Mais des fois j’ai un petit pincement au cœur.

Est-ce que je regrette d’avoir eu mon 1er enfant si jeune ? Parfois oui, je l’avoue. Mais alors je pense à mon papa qui est mort il y a 2 ans déjà. Et je me dis que si c’est le prix à payer pour qu’il ait pu faire connaissance avec son 1er petit-fils, je le paye sans hésiter une seconde.

Et la vie continue. Les amitiés se font et se défont. Et je suis sûre qu’avec l’entrée à l’école de mon grand, je vais rencontrer des parents qui comprendront ce que c’est que d’avoir 2 enfants… et bientôt 3 🙂