La famille s’agrandit ? Vite, préparons l’aîné !

Lorsque je suis tombée enceinte d’Ernestine, Alphonse n’avait même pas 18 mois. Alors, quand je lui ai dit qu’il allait être grand frère, ça ne lui faisait ni chaud ni froid : il ne comprenait pas. J’ai essayé de lui expliquer, le ventre qui grossit, bébé qui se développe, le matériel de puériculture qu’on ressort… Il ne comprenait toujours pas. Ou, pour être plus précise, il comprenait ce que je lui disais mais s’en fichait : il ne voyait pas en quoi ça le concernait (le fou !). Quand on croisait une femme enceinte ou un bébé dans la rue, j’en remettais une couche. Mais j’ai très vite compris que j’avais besoin d’aide. Et il se trouve qu’il y a quelques livres très bien faits ! Allez, il restait un peu de place dans sa petite bibliothèque ! Voici donc mes livres coup de cœur pour accompagner un(e) futur(e) aîné(e) (à partir de 2 ans)

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Camera
E2333
Focal Length
3.57mm
Aperture
f/2
Exposure
1/17s
ISO
776

Pendant la grossesse

Et dedans il y a (Jeanne Ashbé)

dedansUn petit livre très cartésien. Divisé en chapitre, ce petit livre fonctionne avec des rabats. Il y a des choses (par exemple une valise) et lorsqu’on soulève le rabat on voit ce qu’il y a dans ces choses (par exemple des vêtements). Il y a 3 chapitres : les choses qu’on peut ouvrir, les choses qu’on ne doit pas ouvrir et le ventre de maman. Alphonse a beaucoup aimé jouer avec les rabats… qui ont plutôt bien résisté !

 

Il y a une maison dans ma maman (Gilles Andreae)

maison maman

Un livre plein de poésie qui reprend les interrogations d’un petit garçon : il y a un bébé dans le ventre de maman… mais comment fait-il pour dormir s’il n’a pas lit ? pour manger s’il n’y a pas de frigo ?

 

A la naissance

Une petite sœur, ça sert à quoi ? (Collectif)

Cabotinça y est ! Bébé est là ! Sauf qu’un bébé ça ne fait que dormir, boire des biberons… ça ne sert à rien ! Cabotin, un grand frère écureuil tout mignon,  est déçu : il ne s’attendait pas du tout à ça. Encore un livre plein de poésie qui, évidemment, se finit bien. Seul petit point négatif, ce livre existe aussi en version petit frère et j’ai trouvé le texte vraiment moins bien

 

Un amour de petite sœur (Astrid Desbordes)

amour petite soeurCe livre s’adresse aux un peu plus grands (à partir de 3 ans je dirais) et est, encore une fois, très beau. Ce qui change vraiment du reste des livres sur ce thème est qu’il ne se contente pas d’un moment donné -grossesse ou naissance. Non, ça commence quand les parents annonce au petit garçon qu’il va être grand frère. Puis bébé naît… et grandit. Je trouve ça vraiment bien parce que ça permet d’expliquer que oui, pour l’instant, ce n’est qu’un tout petit bébé qui ne fait pas grand chose mais bientôt, ce sera un compagnon de jeu.

Et toi ? Tu as eu d’autres coups de cœur sur ce thème ?

Un parfum d’herbe coupée

9782253191117-XAvant d’avoir des enfants, j’étais capable de lire 3 livres à la fois, je jonglais avec allégresse entre différents genres, je passais des journées et des nuits entières à bouquiner. Bref, j’aime lire. Maintenant, les occasions se font plus rares, je n’en lis plus qu’un à la fois de peur de perdre le fil. C’est pourquoi je choisis mes livres de façon minutieuse. Et il y en a un que j’ai envie de partager : Un Parfum d’herbe coupée, de Nicolas Delesalle.

De premier abord, rien de spécial. Même plutôt ennuyeux. C’est son 1er roman et on le ressent dans le 1er chapitre un peu gourd. Mais l’auteur a une direction et il y va. Et une fois qu’il y est… que c’est bien ! C’est un roman décousu. Chaque chapitre est un souvenir d’enfance. On y retrouve les rites initiatiques et des moments un peu plus légers. Son côté décousu lui confère un aspect hors du temps. Et comme il y a des passages obligés dans l’enfance, ce livre fait forcément écho chez le lecteur. C’est une madeleine de Proust universelle.

Une fois le livre terminé, je me suis sentie heureuse. Complice d’avoir partagé tous ces petits moments si anodins et si spéciaux à la fois. Rêveuse de m’être rappelée de souvenirs de ma propre enfance. Et un peu envieuse aussi. Que ce doit être bien d’avoir encore tout à écrire, d’être libre de faire les expériences les plus folles. Mais, à l’âge où ces expériences sont possibles, nous n’avons pas conscience de cette chance. Et je me suis posé la question : si, dans 20 ans, mes enfants devaient écrire un livre semblable, qu’y mettraient-ils ? Puis-je leur faire prendre conscience de cette chance inestimable qu’ils ont ? D’être à ce point zéro où leur univers des possibles est infini ?

Non, bien sûr. C’est leur rôle d’enfant que de vouloir grandir. C’est mon rôle de maman de les accompagner pour que dans 20 ans ils puissent se dire « en fait, on est de sacrés veinards »