Les opérations

Je t’ai laissé à l’annonce du diagnostic. Pour nous pas le temps d’encaisser: le cerveau de notre petit garçon souffre, il faut l’opérer en urgence. Une première prise de sang d’abord pour quelques vérifications puis direction le bloc. Entre l’annonce et le bloc, à peine 2 heures se sont écoulées. C’est censé être une « petite » opération d’une heure. Ce qu’on n’avait pas compris c’est que pour nous, parents qui attendons, ça dure beaucoup plus longtemps: il faut y ajouter la préparation (en particulier l’anesthésie), le réveil… Nous étions l’oeil rivé sur la montre et chaque minute qui passait nous stressait davantage. Parce que bon, cette « petite opération » c’était quand même lui ouvrir la tête… Finalement après 2h30 d’attente on nous annonce que tout s’est bien passé. Ouf ! Il est en service de réanimation, a des tubes qui sortent de partout et un gros pansement sur la tête. Et il est complètement groggy. Le lendemain, ce n’est pas facile : il tremble de partout, ne marche plus et commence à développer une allergie aux blouses blanches. Mais il récupère très vite et on retrouve un petit garçon joyeux qui n’a plus mal à la tête ! On pourrait le croire guéri.

Sauf que ce n’est pas le cas. Si son cerveau ne souffre plus, la tumeur est toujours là. Le risque d’engagement également. Les médecins lui laissent 3 jours de récupération et il retourne au bloc. Cette fois, la chirurgie est longue et complexe. Et nous savons que la guérison dépend de la qualité de l’intervention. Heureusement pour nous, l’équipe médicale est très bien et nous avons une confiance absolue en la compétence des neurochirurgiens. Néanmoins, quand on nous annonce les risques de décès, d’hémorragie, de séquelles à vie… Nous sommes effrayés. Mais avons-nous le choix ? Nous confions donc notre petit garçon un mardi matin avec pour consigne de ne pas rester à l’hôpital: l’intervention en elle-même dure au minimum 6h, probablement plus, voire beaucoup plus. On nous appellera quand nous pourrons le voir. Un seul mot d’ordre : nous occuper pour nous changer les idées (ah ah)

Entre temps, j’ai demandé le transfert de mon dossier de maternité pour pouvoir accoucher dans le même hôpital (je devais accoucher à l »autre bout de la ville…) Je suis tombée sur des secrétaires odieuses (« vous savez madame on ne transfère pas un dossier comme ça » avec l’air hautain) qui n’ont fait aucun effort pour chercher une information qu’elles étaient censées avoir. Puis sur des sages femmes compréhensives qui m’ont dit qu’elles instruiraient mon dossier. Justement, dans la matinée j’ai ma consultation du 9ème mois. Tout va bien pour bébé, c’est déjà ça ! Je récupère mon dossier pour l’amener à l’autre maternité. En partant j’ai un petit pincement au coeur. Cette maternité a vu naître Ernestine et j’avais beaucoup aimé son personnel. Dans celle de bébé 3, il y a deux fois plus de naissances par an. Un peu l’usine. Mais bon, l’essentiel est ailleurs.

Ma mère m’accompagne ensuite au centre commercial: il faut acheter des chemises pour Alphonse. Avec sa cicatrice à la tête, on ne va pas forcer avec les T-Shirts !

À 12h30, je vois un appel en absence avec un message. L’hôpital. Je m’imagine le pire. C’est beaucoup trop tôt pour que l’opération se soit bien passée. En fait, ce n’est que le service de maternité qui me fixe un rendez-vous…

C’est à ce moment que je tombe. La pluie, le carrelage glissant… Mes articulations de femme enceinte en prennent un coup. A tel point que je ne peux plus marcher ! Taxi, retour à la maison. Une après-midi d’attente à ne rien pouvoir faire. Et à avoir peur d’accoucher alors que la douleur m’empêche de bouger les jambes. Mais si la malchance est pour moi et non pour mon petit garçon, je prends !

A 17h, l’appel tant attendu arrive enfin. L’opération s’est bien passée ! Nous apprendrons quelques heures plus tard que l’exerèse est complète, c’est à dire que les neurochirurgiens ont réussi à enlever toute la tumeur !

Mais on nous prévient également : ils ont trifouillé dans le cerveau, l’anesthésie à duré 12h… La convalescence va être longue. Et l’attente, encore et toujours : maintenant qu’ils ont enlevé la tumeur, il faut l’analyser.

Même si à ce moment je suis enceinte jusqu’au cou, j’ai accouché depuis ! Mais je te raconterai ça en temps et en heure !

Un long combat

Je ne pensais pas revenir si vite. Mais je crois que d’une part j’ai besoin d’extérioriser et d’autre part votre soutien m’est précieux, merci pour tous vos gentils commentaires. Et qui sait ? Peut-être mon récit pourra aider d’autres parents traversant la même tempête ? Et si toi aussi tu es passé(e) par là, n’hésite pas à partager ton expérience, j’en serai ravie !

Alors je viens vous parler d’Alphonse. Clairement, nous n’avons pas de chance. Un cancer à cet âge, c’est très rare. On pense que ça n’arrive qu’aux autres. Seulement cette fois, nous sommes les autres des autres. Et rare, ça veut dire que tous les ans près de 500 enfants sont dans ce cas. Edit: à la relecture, je me rends compte que ça prête à confusion. Les 500 cas par an ne concernent que les tumeurs cérébrales. Il y a hélas encore plus de cancer chez l’enfant… Certes ce n’est pas énorme mais c’est déjà beaucoup trop.

Le cancer, on en entend tous parler. On connaît tous quelqu’un frappé par cette cochonnerie. C’est comme si nous étions tous sur une jetée, à regarder ceux qui se débattent dans l’eau pour regagner la terre ferme en pensant « les pauvres, si seulement je pouvais les aider… » Il y a ceux qui arrivent à remonter au prix de nombreux efforts et ceux qu’on regarde se  noyer. Quand on a appris le cancer d’Alphonse, c’est comme si une vague m’avait arrachée de cette jetée pour me propulser dans cette mer beaucoup trop grande, beaucoup trop violente. Les médecins nous ont dit que les pronostics étaient bons. Mais qu’est-ce que ça veut dire ? Les pronostics, je m’en fiche, tout ce qui compte c’est le sort d’Alphonse. Et puis, survivre à 5 ans, 10 ans c’est bien, mais vivre sans séquelles ça serait quand même mieux. Et ça, personne ne peut nous le promettre…

Tout a commencé le lundi de la dernière semaine d’école, la maîtresse m’a appelé: mon petit garçon se plaignait de maux de tête et en perdait l’équilibre. Je ne me suis pas inquiétée. Il avait besoin de vacances et puis c’est tout. Surtout qu’il refusait systématiquement la sieste. Il a fait le reste de la semaine sans autre incidents mais tous les soirs il se plaignait de maux de tête et se couchait de plus en plus tôt. Nous avons vu le médecin de la PMI. Pour elle, il avait un retard psychomoteur. Il fallait faire un bilan de psychomotricité, et consulter un neuropédiatre – délai d’attente de plusieurs mois.

Heureusement, mon médecin de sœur a tenu un autre discours : ce n’était pas normal. Probablement ce n’était rien, mais quand même, c’était plus sûr de s’en assurer et de l’emmener aux urgences. Nous l’avons donc amené le 24 février pour ce que nous pensions un simple contrôle. Après un premier examen, le médecin a décidé de lui faire passer une IRM. C’est ce que ma sœur m’avait dit qu’il fallait faire. Pas d’inquiétude. C’est quand j’ai vu qu’un médecin nous faisait entrer dans une petit pièce avec 3 autres médecins que j’ai compris que quelque chose n’allait pas. « Monsieur, Madame, votre petit garçon a une tumeur » Mon monde s’est arrêté. Il fallait faire vite. La tumeur était volumineuse. Elle bloquait la circulation du liquide céphalo-rachidien, ce qui provoquait une hydrocéphalie : une pression trop importante dans son cerveau qui faisait souffrir ce dernier. Pire, la tumeur étant volumineuse (une boule de 5 cm de diamètre) elle présentait ce qu’on appelle un risque d’engagement. Ce qui se serait traduit par un arrêt respiratoire. Je frissonne encore à l’idée qu’on aurait pu retrouver Alphonse un matin sans vie et j’enrage contre cette pédiatre de PMI qui avait listé tous les symptômes sans tiquer.

C’est à cet instant précis que notre long combat a commencé.

L’espoir est permis

Peut-être as-tu remarqué que j’avais déserté la blogosphère. Peut-être en as-tu déduit que n°3 avait décidé de se manifester. Comme j’aurais aimé que la naissance soit la raison de mon absence ! Mais bébé est toujours est chaud, il bouge, j’ai les contractions habituelles de fin de grossesse… Tout va bien de ce côté là, et ça peut effectivement arriver d’un moment à l’autre.

En revanche, nous avons reçu un coup de massue il y a environ 10 jours. Quand je repense à ma lettre au père noël, ça me laisse un goût doux-amer. Si j’avais su… Je souhaitais à mes enfants une bonne santé. Si Ernestine se porte comme un charme, il n’en est pas de même pour Alphonse. Un méchant crabe s’est logé dans sa tête et le mot qui ne devrait jamais être prononcé – et encore moins pour un enfant l’a été : c’est un cancer.

Je ne rentrerai pas dans les détails, mais je voulais te dire que je continue à lire celles que je lis habituellement. Mais je n’ai pas le cœur de commenter ou même d' »aimer » les articles sur Hellocoton. Je ne lis plus tous ces billets qui traitent de petits ou gros bobos, c’est trop dur pour l’instant, je suis incapable de la moindre empathie. Je me protège comme je peux.

J’ai changé de maternité en urgence pour pouvoir accouché quelques étages au dessus de la chambre d’Alphonse. Et je ne sais pas encore comment je ferai pour tout gérer de front, mais je sais que je le ferai, de toute façon, je n’ai pas le choix.

Alors voilà, nous commençons un combat long et difficile contre cette saloperie. Je ne sais pas quand je reviendrai ici, ni même si je reviendrai. Mais je ne cesse de me répéter ce qu’on m’ont dit les médecins : ce combat, mon petit champion peut le gagner. L’espoir est permis.

J’ai peur

8164432813_f2c4dbee5e_hMa DPA se rapproche. Il n’y a plus que quelques semaines voire quelques jours avant mon accouchement. Et ça m’angoisse.

Lorsque la gynéco m’a appris cette grossesse lors d’une échographie de contrôle, je n’y croyais pas. C’était trop tôt. Mais je m’étais sentie heureuse malgré tout. Cette famille nombreuse, j’en avais toujours rêvé. Et puis, savoir qu’on a un petit truc de quelques millimètres dans le ventre, ce n’est pas très concret.

C’est un avantage de la grossesse. Ça se concrétise peu à peu. On a 8 mois pour s’y préparer. On voit son corps se transformer petit à petit. On a (en théorie) le temps de se poser les bonnes questions et de chercher des réponses.

Pour ma part, j’ai toujours fait partie de ceux qui pensent « advienne que pourra ». Ça ne m’empêche pas de m’organiser, de planifier… mais face à l’imprévu je suis la plupart du temps sereine : je sais que j’ai fait ce que j’ai pu (et, avouons le, il n’y a pas tant d’imprévus que ça !)

C’est dans cet état d’esprit que j’ai envisagé cette 3ème grossesse. Combien l’ont fait avant moi et s’en sorties ? Et si ces millions de femmes y sont arrivées, pourquoi n’y arriverai-je pas ? D’autant plus que je suis dans une situation enviable : un papa présent tous les soirs et les week-end, un petit Alphonse à l’école et une petite Ernestine chez la nounou.

Seulement voilà, même si ce n’est pas toujours facile, j’ai l’impression qu’en ce moment on s’en sort plutôt pas mal. Si ce n’était ce gros ventre qui m’entrave, on pourrait faire quantité d’activités avec nos enfants. Des week-end à la neige, des petites promenades à la campagne… Ils ne sont pas autonomes, ni l’un ni l’autre, mais chaque jour ils apprennent. Ils savent s’exprimer et n’hésitent pas à nous faire comprendre ce qui ne va pas. Bien sûr, à 4 ans et 2 ans, ce n’est pas de tout repos ! Mais on y arrive. Les crises d’opposition ? Je m’attendais à pire ! (en fait, ce n’est pas compliqué, quand elle se roule par terre je m’en vais et reviens 5 minutes plus tard pour lui proposer un câlin. Si elle n’en veut pas, je m’en vais encore…) La fatigue d’Alphonse dont je vous parlais la dernière fois ? Oui, c’est dur, mais ce n’est qu’une heure par jour. Bref, je sais comment notre famille à 4 fonctionne.

Et bientôt nous accueillerons notre 3ème mousquetaire… J’ai hâte. Hâte de faire sa connaissance. Hâte de savoir si c’est une fille ou un garçon. Si ce bébé sera brun comme son frère ou roux comme sa sœur ou encore autre chose. Hâte de voir s’il aura hérité du teint hâlé de son papa ou de mon teint clair. Mais tout ceci n’a aucune importance. Quelle que soit son apparence, je sais que je trouverai mon bébé trop beau. En revanche, j’ai aussi hâte de savoir si ce sera un bébé qui dort bien, qui tète bien, qui trouve rapidement un rythme. Et si, à l’échelle d’une vie, ces questions n’ont pas beaucoup d’importance (tout finit par s’arranger, non ?!) elles revêtent un caractère capital pour moi pour ces prochains mois.

J’appréhende de ne pas savoir gérer la jalousie des aînés. J’appréhende cette  modification de notre rythme que, mine de rien, on a mis un peu de temps à construire. J’appréhende la course du matin pour habiller les uns et nourrir les autres. J’appréhende ces deux heures que je fais seule tous les soirs. J’appréhende tant de choses !!!

Ce troisième bébé, à défaut d’être prévu, était voulu. Cette famille nombreuse, c’était notre souhait. Mais maintenant que ça devient réel, j’ai vraiment peur de me noyer. Mais je sais que ce n’est que l’affaire de quelques mois avant d’avoir une joyeuse tribu pleine de disputes, de rires et de jeux. Mon mantra pour les semaines qui viennent  sera donc, à chaque fois que nécessaire : ce n’est qu’un mauvais moment à passer

Fatigue

Girl Toddler Sleep Child Portrait Sweet Baby

Girl Toddler Sleep Child Portrait Sweet Baby

Je viens de découvrir quelque chose d’incroyable : je peux écrire un article depuis mon téléphone ! Alors certes, c’est beaucoup moins pratique mais je peux le faire allongée et ça, c’est magique ! Parce que franchement, je m’ennuie toute la journée sans rien faire (en plus, j’ai fini mon livre hier ! Si tu as des conseils de lecture…)

Bref, je m’égare. En ce moment, j’ai besoin de conseils. Je me sens un peu dépassée et ma patience est mise à rude épreuve. Comme tu le sais peut-être, nous avons eu très tôt des problèmes de sommeil avec Alphonse. Il faut se rendre à l’évidence : mon fils est un petit dormeur. J’imagine que pendant longtemps il a trouvé que c’était une perte de temps… À l’époque, on se battait pour qu’il fasse sa sieste d’abord puis qu’il s’endorme la nuit. Il s’endormait rarement avant 23h, le plus souvent aux alentours de minuit. On a donc supprimé la sieste alors qu’il avait moins de 3 ans. On pouvait faire ce qu’on voulait l’après-midi et il s’endormait à une heure décente le soir.

Tant qu’il était chez la nounou, ça allait bien. Surtout qu’elle ne faisait rien avec lui (avec le recul, cette nounou n’était vraiment pas top mais c’est facile à dire après coup !) et donc il ne se fatiguait pas beaucoup. Il a commencé à aller 2 jours par semaine à la crèche pour ses 3 ans (en janvier 2016 donc). Il était plus sollicité mais ne dormait toujours pas à l’heure de la sieste. Il faisait un temps calme pendant que ses copains dormaient. Mais 2 jours par semaine, ce n’est pas grand chose. Il récupérait le reste de la semaine et tout se passait bien.

Et en septembre il est rentré à l’école. Il a tout de suite commencé très fort : cantine et garderie. Soient des journées de 8h à 18h. Il était ravi. Et fatigué. Jusqu’à récemment ça allait à peu près. Mais c’est de pire en pire. Tous les soirs je récupère un petit garçon grincheux qui pleure pour un rien. Il se plaint de maux de tête, tombe au moindre trottoir… Il est épuisé ! Il a du mal à finir son repas le soir et ne demande qu’une chose : aller se coucher. Et il fait une super nuit de sommeil.

Je me rends compte de l’ironie de l’histoire. Il y a un peu plus d’un an, on aurait été ravis que notre garçon veuille dormir. Maintenant, on n’en peut plus de l’entendre chouiner pour rien. Tous les soirs deviennent pénibles. C’est assez impressionnant. Tout va bien et soudain Alphonse se métamorphose, plus rien ne va. Ça varie d’un jour à l’autre mais c’est souvent sur le coup des 19h. Oh bien sûr, on essaye de lui faire faire la sieste. Le week-end on lui impose un temps calme où il est obligé de rester allongé avec tétine et doudou. En semaine, presque tous ses copains font la sieste et lui reste allongé aussi en attendant d’avoir le droit de se lever. Mais ses petits yeux ne se ferment jamais. Il compte les minutes et attend le signal libérateur. Et plus l’année avance, plus la situation se dégrade. On lui explique et ré explique que le dodo de l’après-midi lui ferait du bien. Que c’est normal. En plus, il me voit faire la sieste tous les week-end (coucou la fatigue de grossesse !), je lui montre l’exemple. Mais rien n’y fait.

Je sais que cette situation est temporaire. En grandissant, le besoin de sieste va s’estomper et il sera le petit garçon souriant et plein d’entrain le matin comme le soir. Mais en attendant c’est difficile alors si tu as des conseils, des astuces, n’importe quoi, surtout n’hésite pas à partager ! Parce que si ce n’est pas facile pour nous, ça l’est encore moins pour lui !

Pause

pause-buttonCa y est, mon mal de dos m’a rattrapée. Je ne suis plus capable de m’assoir devant l’ordinateur plus de 3 minutes sans que ce dernier ne se manifeste. Il m’empêche de dormir. Et si, il y a quelques jours, j’étais en plein paradoxe à vouloir accoucher et appréhender de gérer 3 petits enfants en même temps, ce paradoxe a disparu. Je veux accoucher vite, même si je ne suis même pas à 8 mois de grossesse (mais très bientôt !)

J’ai (presque) fini de préparer mon sac de maternité. Quant au reste, on verra en temps voulu. C’est l’avantage du 3ème, on est beaucoup plus serein. Pour être franche, je n’ai toujours pas décidé où il dormirait au tout début ! Je pense qu’on prendra la décision pendant mon séjour à la maternité.

Bien sûr, j’ai régulièrement envie de me plaindre. Je m’ennuie à passer la majeure partie de la journée allongée. Et le soir, quand je m’occupe seule d’Alphonse et Ernestine pendant près de 2h, le temps me paraît s’écouler si lentement… Alors je pense à celles qui rêveraient d’être dans le même cas que moi mais qui n’y arrivent pas et je me dis qu’un petit mois à souffrir, ce n’est pas grand chose.

En attendant, je pense que je vais mettre mon blog en pause. J’aimerai te dire « je reviens dès que je n’ai plus mal » mais il est probable qu’à ce moment j’aurais d’autres choses à faire et pas beaucoup de temps pour moi 🙂

En tout cas, je continuerai à lire assidument tous ces blogs que j’ai découverts – et que je découvre encore. Et je reviens te donner des nouvelles dès que possible !

D’ici là, je vous souhaite à toutes de vivre de beaux moments, de sortir de la morosité de l’hiver et de construire plein de projets !

Bye bye

20563109595_a315dd1e8f_oCe week-end devait être un week-end de fête : ma famille venait chez nous pour les 4 ans d’Alphonse et les 2 ans d’Ernestine (wow, déjà !)

J’ai fait le « gâteau d’anniversaire » avec mon petit bonhomme (au chocolat, évidemment) et ils ont soufflé leurs bougies. C’était chouette. Ils étaient ravis d’avoir leur grand-mère qui dort dans la maison, des cadeaux qu’ils n’attendaient pas (ils ont très bien compris que Noël équivaut à cadeaux mais l’anniversaire est un peu plus abstrait pour l’instant – à part le gâteau !!)… bref, on a passé un super samedi.

Et puis dimanche matin, en se levant (beaucoup trop tôt évidemment – merci les gremlins !) ma mère regarde son téléphone, lit un texto et reste interdite. On a tous compris immédiatement ce qui venait d’arriver : mon papi était mort pendant la nuit. Bien sûr, on s’y attendait. Je l’espérais même. Mais ça fait un choc quand même.

Depuis longtemps déjà ce vieil homme n’était plus mon grand-père. Comme tant d’autres, Alzeihmer ne l’a pas épargné. Et comme tant d’autres, nous avons assisté impuissants à sa déchéance. Notre deuil, ça fait longtemps que nous l’avons fait.

Mais j’ai quand même été frappée par sa force de caractère même à la toute fin. Mon grand-père a toujours été une vraie tête de mule. Plus têtu, je crois que ce n’est pas possible ! Et bien, malgré la maladie, c’est lui qui a décidé que c’était fini. Lui et personne d’autre. Comment ? Il n’y a pas plus simple : il suffit d’arrêter de boire et manger. Evidemment, il aurait pu être perfusé. Mais à quoi bon ?

Alors, maintenant que ce chapitre est clos, il me reste mes souvenirs. Beaucoup de jolis souvenirs et un amour inconditionnel pour les grandes plages des landes, leurs vagues et leurs dunes. Parce que c’est de là qu’il venait et que c’est là que j’ai passé beaucoup de mes vacances.

D’ici quelques jours, je vais aller à l’enterrement. Et ça me semble étrange d’enterrer quelqu’un avec un ventre sur le point d’exploser. Comme si une vie s’achevait pour qu’une autre puisse commencer. Etrange mais aussi salvateur. C’est un peu la revanche de la vie et surtout, c’est dans l’ordre des choses. Un vieillard de presque 90 ans décède. Un tout petit bébé arrive. Alors j’espère que mon petit bébé aura une vie aussi longue et aussi riche que celle de son arrière grand-père.

Et le sentir bouger

9199018355_5fa97db7cb_bJe fais jeune. (ok, je suis jeune) Si bien que j’ai déjà eu le droit à des réflexions de ce type « c’est votre premier, je suppose » ou « tu verras, un enfant ça change tout » euh oui oui… arrête de supposer, je sais déjà qu’un enfant c’est un tsunami, je suis enceinte de mon troisième. Yeux de poisson crevé « ah bon !!! Et ben dis donc… » Ressaisissement (presque) immédiat « ah donc, la grossesse tu gères, tu es habituée »

Et là, je me demande, peut-on vraiment s’habituer à être enceinte ? Déjà, pour une sombre histoire d’hormones, notre capacité à oublier est phénoménale. Tous les petits désagréments de la grossesse, comme les difficultés avec un tout petit bébé, ont tendance à être minimisés une fois que c’est passé. Et puis, peu de femmes enchaînent les grossesses les unes après les autres. Il y a beau n’y avoir « que » 2 ans entre mes grossesses, c’est toujours 2 années qui me laissent le temps d’oublier. C’est simple, nous sommes amnésiques. Et c’est pas plus mal, sinon, il y aurait beaucoup moins de cadets !!

Ensuite, c’est vrai, quand on est enceinte, on se souvient. Telle douleur ? Ah oui, c’est vrai, je l’avais aussi il y a 2 ans. Telle réaction ? Idem. Là où j’appelais ma sage-femme en catastrophe pour le premier, je prends du recul et attends de voir ce qu’il en est vraiment. Mais s’habituer ? Non. Comment peut-on s’habituer à se sentir diminuée ? A avoir ce gros ventre qui nous empêche de faire nos lacets (entre autre), à n’avoir pas davantage de souffle qu’une otarie asphyxiée, à devoir surveiller, contrôler tout ce qu’on mange et renoncer à la moitié de nos habitudes alimentaires ?

Certaines sont peut-être blasées de la grossesse, mais si c’est le cas je trouve ça triste. Tout comme je trouve ça triste ceux qui sont blasés par la vie. Parce que c’est bien de ça que l’on parle, non ? Peu importe le nombre d’enfant(s) que nous avons, une grossesse c’est une petite révolution. Et c’est un miracle. Du moins, c’est mon opinion. Comment concevoir autrement que deux petites cellules invisibles à l’œil nu, se rencontrent, se développent et forment un embryon ? Comment concevoir autrement qu’exactement 21 jours plus tard, un petit cœur se mette à battre ? Comment concevoir autrement que cette petite chose de quelques millimètres à peine se développe et devienne un fœtus ? Et que tout ça, se passe en nous ? Grâce à nous ?

Et un jour, tout d’un coup, on le sent bouger. Ça a beau être mon troisième, je n’en ai pas moins été émue la première fois. Émue et rassurée. Mon bébé est vivant (oui, je sais, techniquement c’est toujours un embryon !). Les coups sont discrets d’abord, puis de plus en plus fort à mesure que bébé grandit et prend de la place. Mais peut-on vraiment s’habituer à cette sensation ? Cette assurance qu’il y a la vie dans notre ventre ? Chaque coup me surprend. Chaque coup me rassure. Chaque coup me fait prendre davantage conscience de la naissance qui approche doucement mais sûrement. Chaque coup me lie davantage à mon bébé. Et je ne vois pas comment une femme pourrait être « habituée » à cette expérience. C’est mon troisième bébé certes, mais l’expérience reste unique et les sensations entières.

Alors non, c’est mon 3ème petit miracle, mais on ne s’habitue pas aux miracles. Il y a quelque chose dans mon ventre. Et bientôt ce quelque chose sera quelqu’un.

La maternité, la blogosphère et moi

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Quand je suis tombée enceinte d’Alphonse, je ne connaissais pas l’univers des blogs.  Ni l’univers de la maternité d’ailleurs. J’ai été soufflé d’apprendre que la vie se développait en moi, mais pas un seul instant je me suis doutée que je pourrais trouver des expériences similaires à la mienne dans des blogs. Pour moi, ces expériences similaires sur le net se résumait aux forums doctissimo et autres forums du même genre et si j’ai déjà lu des questions et des réponses sur ce type de forum, je ne m’y suis jamais reconnue.

En parallèle de ma grossesse je préparais mon mariage. A la recherche d’idées sur internet j’ai découvert le formidable blog de Mademoiselle Dentelle. J’ai tout de suite accroché et je suis devenue une lectrice assidue. Mais pas un instant je ne me suis doutée que ce blog en cachait plein d’autres. Et puis un jour, Mademoiselle Dentelle a fait des petits : Dans Ma Tribu et Sous Notre Toit. Je t’avoue que j’avais un peu délaissé le blog mariage, le mien était passé et toutes les chroniqueuses que j’avais suivi avaient bouclé le leur. Mais des blogs qui parlent de maternité, d’enfants, du quotidien et de tant d’autres choses, c’était nouveau pour moi, et j’ai tout de suite trouvé ça très chouette. Progressivement (j’avoue, il m’a fallu du temps pour m’en rendre compte) j’ai découvert que certaines chroniqueuses avaient leur blog perso. Les tout premiers que j’ai lu assidument sont ceux de Die Franzoesin et Chat-mille. Au début, j’allais presque tous les jours sur leur site, des fois qu’il y aurait un nouveau billet (non, ne rigole pas !) Puis Fran-fran m’a fait découvrir Hellocoton. Quelle révélation ! Et surtout, quelle diversité ! Maintenant, c’est sur Hellocoton que je vais tous les jours, c’est bien plus pratique 😉 (Et DMT aussi bien sûr !)

Et soudain, je me suis rendue compte d’une chose. Je ne vis pas du tout ma 3ème grossesse comme la 1ère et la blogosphère y est pour beaucoup. Pour la 1ère, je vivais chaque rendez-vous mensuel, chaque échographie comme une fête. Alphonse ne bougeait pas beaucoup (mon utérus était un peu récalcitrant à prendre de l’ampleur !) et ça ne m’inquiétait pas le moins du monde. J’y prêtais à peine attention. Je n’ai pas du tout stressé pour l’accouchement. Enfin, je n’ai pas eu le temps. Il m’a bien fallu 9 mois pour réaliser que j’allais être mère. Le temps que je me pose des questions sur le pourquoi du comment, Alphonse était déjà là (ce qui explique des débuts très compliqués !). Avant ma 3ème grossesse, j’ai lu quantité de témoignages plus ou moins bouleversants. De celles qui sont en plein PMA, de celles qui vivent une fausse couche, de celles qui vivent un deuil périnatal, de celles qui découvrent une malformation ou une maladie génétique pour leur tout petit, de celles qui tombent malades et qui craignent pour ce bébé pas encore là physiquement qui a déjà pris une telle place dans leur cœur. Alors, je me suis rendu compte que cette grossesse était beaucoup moins sereine. Pas parce que j’ai un souci, non tout va bien et j’espère que ça continuera ainsi, mais parce que j’ai davantage conscience de ce qui pourrait arriver. J’ai vécu – et vis encore – chaque rendez-vous médical comme une épreuve, je n’ai jamais oublié que c’était là que pouvaient être annoncées les mauvaises nouvelles. Je stresse à chaque fois que je n’ai pas senti bébé bouger pendant plusieurs heures. Et j’ai un peu de mal à me réjouir de la naissance. Parce que tant que je ne tiens pas mon bébé dans les bras, je sais que tout peut arriver – et même après.

Alors, je me dis que la blogosphère m’a apporté beaucoup et m’a aussi aidé à ouvrir les yeux. Je ne m’attends pas au pire, mais je sais qu’il est possible. Et surtout, je mesure mieux ma chance de n’avoir été confrontée à aucun drame, même une fausse couche précoce – et j’espère que ça continuera. Et je pense avoir davantage d’empathie pour ceux que je côtoie et qui traverse des moments douloureux. Alors pour tout ça, chères bloggueuses, merci !

La séparation

sans-titreDepuis la naissance d’Ernestine, mes enfants n’ont jamais été séparés. Bien sûr, il est déjà arrivé que l’un fasse une activité sans l’autre. Mais tous les soirs, toujours, ils se sont retrouvés. Pour se disputer, se taquiner, construire leur relation de frère et sœur. Et depuis cet été, ils dorment dans la même chambre. Au retour d’un mois de vacances à partager la même chambre (et au début c’était un joyeux bordel !) il nous avait semblé opportun de les mettre dans la même chambre aussi en prévision de l’arrivée de n°3. Comme ça, ils n’associaient pas le mini déménagement à ce petit bébé qui – j’en suis sûre – prendra bien assez de place à leurs yeux comme ça ! Et donc, depuis août, ils s’endorment tous les soirs dans la même chambre. Tous les soirs, Alphonse réclame son câlin qu’Ernestine lui fait avec plaisir avant d’aller dans son petit lit à barreau.

Seulement voilà. Alphonse a commencé l’école en septembre. Et qui dit école dit vacances scolaires. Et on a beau savoir qu’il y en a beaucoup, la première fois qu’on y est confrontés, on trouve surtout qu’il y en a beaucoup trop ! Et qu’elles reviennent très vite ! Et nous voilà, comme tous jeunes parents, à chercher des solutions.

J’ai la chance d’avoir des beaux parents fraîchement retraités qui habitent à 1h30 de route de chez nous. Entre nous, je trouve que c’est la distance idéale. Ils ne sont pas invasifs mais souvent disponibles pour dépanner. Et pour les vacances de Noël ils ont accepté de s’occuper d’Alphonse pendant une semaine. Au début, j’étais super contente. Une semaine avec un seul enfant, c’est un peu des vacances pour nous ! Mais au fur et à mesure que la date approchait, j’avais quelques anxiétés. 1 semaine pour des enfants de cet âge là, c’est long !!!

Et tu sais quoi ? J’avais vraiment tort de m’en faire !!! Pendant toute la semaine, ils se sont réclamés l’un l’autre. Tous les matins, Ernestine se levait dans son petit lit, regardait le lit vide de son frère et nous demandait « l’est où ? ». Alors tous les matins, on devait lui réexpliquer. Idem tous les soirs. On a du appeler son grand frère tous les deux jours pour qu’elle entende sa voix (une « conversation » entre un enfant de presque 4 ans et une enfant de presque 2 ans, c’est trop chou – et très court !) Mais de notre côté, qu’est-ce que c’était calme ! Pas de cris, une petite fille toute gentille, qui dormait plus longtemps le matin et qui comprenait tout ce qu’on lui expliquait ! Et pour Alphonse, le bilan est tout aussi positif. Lui aussi a réclamé sa sœur tous les jours, mais lui aussi a dormi plus longtemps le matin, était plus zen quand il jouait et a profité de ses grands-parents pour lui tout seul. Et mon cœur de maman a fondu quand il m’a demandé au moment on le laissait pour la semaine « tu viens me chercher samedi, hein maman ? »

Et les retrouvailles ? C’était magique ! Un vrai moment de fête, pour les deux. De quoi te dire « oui, j’ai bien fait d’avoir deux enfants » 🙂